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JAC en Russie : Coopérations franco-russes sur l’environnement

26 Mar 2021

Depuis septembre 2020, dans le cadre du Dialogue de Trianon lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, les JAC réfléchissent avec des étudiants russes au changement climatique. Ces échanges veulent imaginer de nouvelles coopérations bilatérales en matière environnementale, et misent sur l’engagement commun des jeunes dans les deux pays, au-delà des différences climatiques et des différends politiques. 

 

Le 29 mai 2017, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine décident à Versailles de favoriser le rapprochement des sociétés civiles russe et française : c’est la naissance du Dialogue de Trianon. L’initiative vise à développer les coopérations franco-russes en matière culturelle, mais aussi environnementale : le thème retenu pour l’année 2020 et reconduit pour 2021 est celui du climat et de l’environnement. 

 

Les JAC ont relevé le défi 

Depuis octobre 2020, plusieurs membres de l’association s’entretiennent régulièrement avec de jeunes russes, à la fois étudiants et jeunes actifs. L’initiative est financée conjointement par la France et la Russie, à travers le Dialogue de Trianon et en partenariat avec l’équipe de Youth Environment and Europe (YEE). L’objectif ? Élaborer ensemble des propositions concrètes à destination des dirigeants politiques des deux pays. La préservation de la biodiversité, celle de l’Arctique, la transition énergétique, mais aussi la ville de demain, se sont retrouvés au cœur des échanges, étalés — confinement oblige — sur plusieurs visioconférences.

En dépit de réalités nationales sensiblement différentes, la pertinence de l’exercice s’impose au fil des discussions. Alors que la Russie était, en 2020, le quatrième émetteur de gaz à effet de serre, elle investit moins que la France dans la transition énergétique. Son économie repose encore largement sur des énergies fossiles : y renoncer aurait un coût géopolitique qu’elle n’est pas prête à assumer.

L’opinion publique russe est encore peu sensibilisée à la question du changement climatique. 82% des Français interrogés dans une étude récente considèrent que le changement climatique est une menace sérieuse pour leur pays, contre seulement 48% des Russes. Mais la jeunesse, en Russie, est particulièrement mobilisée pour faire bouger les lignes, et très engagée pour changer les choses au niveau local.

Du fait de ces divergences, les approches russes et françaises diffèrent et se complètent au cours des échanges. Ainsi, les participants russes se révèlent beaucoup plus sensibilisés que leurs interlocuteurs français à la préservation de l’Arctique, véritable terre sainte dans l’imaginaire national. Alors que la Russie s’apprête à prendre la présidence du Conseil de l’Arctique pour deux ans, ses objectifs pour cette mandature mettent en évidence toute l’ambiguïté de sa politique environnementale. Si le corps diplomatique parle nature et développement durable, le gouvernement insiste au contraire sur les enjeux commerciaux que représente l’ouverture de nouvelles routes maritimes.

Face à ces contradictions, les participants russes redoublent de détermination. Ils apportent aux échanges leur volonté, affermie par l’inaction gouvernementale, de réfléchir à des propositions concrètes pour faire changer le paysage environnemental dans leur pays. Les Français sont, eux, plus conscients de la globalité des enjeux climatiques. Au-delà de leurs réalités locales, ils rappellent la nécessaire coordination internationale pour une réponse efficace à une crise mondiale. 

Un engagement fort de la jeunesse pour la lutte climatique

Bien qu’ils ne soient pas experts, les participants à ces rencontres croient en l’importance de leurs contributions : elles démontrent l’engagement fort de la jeunesse pour la lutte climatique, en France comme en Russie. Cela n’exclut pas la rigueur scientifique. Les rencontres sont autant de séances de travail où s’élabore un policy paper rassemblant 20 propositions concrètes, qui seront ensuite soigneusement relues par des spécialistes. Elles ont vocation à rejoindre le réseau diplomatique, via le Dialogue de Trianon, qui entretient des liens étroits avec le Quai d’Orsay et son homologue russe. En France, c’est Pierre Morel, ancien ambassadeur à Moscou, qui assure la co-présidence de l’initiative. Le partenariat avec le Youth Environment and Europe assure aussi une visibilité institutionnelle, puisque cette organisation dispose de nombreux relais dans les organisations internationales. 

Les participants proposent d’entamer des coopérations bilatérales en matière d’environnement. Le développement d’une agriculture durable en serait un important exemple. La France et la Russie sont toutes deux des puissances agricoles, et bénéficieraient d’une concertation commune sur les possibles conciliations entre rentabilité et biodiversité. A plus long terme, ce dialogue franco-russe, dans la droite lignée du Dialogue de Trianon, croit dans le renouvellement de la relation bilatérale par la société civile. En dépit de l’annulation des séjours initialement prévus à Paris et à Moscou, en raison de la situation sanitaire, les échanges ont été menés bon train. Les tensions politiques entre les deux pays n’ont pas empêché les rencontres de continuer, ni porté atteinte à la qualité des discussions. Entre la France et la Russie, les liens culturels sont anciens, et n’ont pas fini de porter leurs fruits. 

Jeunes Ambassadeurs pour le climat

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