Les océans : régulateurs du climat jusqu’à quand ?

Juil 20, 2021

Elisa Alameda

Les océans sont ce qu’on appelle des “puits de carbone”, ce qui signifie qu’ils sont capables d’absorber le dioxyde de carbone (CO2). On estime ainsi qu’ils absorbent 30% du CO2 émis par l’Homme et 90% de la chaleur : je vous laisse imaginer la chaleur qu’il ferait sur Terre sans eux… Mais comment font-ils pour absorber le carbone ? Peuvent-ils l’absorber indéfiniment ? Vous trouverez les réponses dans ces prochaines lignes !

Un bref rappel : le réchauffement climatique 

Le réchauffement climatique est un phénomène causé par l’augmentation de la concentration de gaz à effets de serre (GES) dans l’atmosphère. Les scientifiques ont largement démontré que ce réchauffement était d’origine anthropique, c’est-à-dire produit par l’activité humaine. Les principaux gaz à effet de serre sont la vapeur d’eau, le méthane, le dioxyde de carbone et le protoxyde d’azote. Ici nous parlerons seulement du CO2, mais il est bon de rappeler qu’il existe plusieurs gaz à effet de serre. Ce dernier est principalement produit par la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon…) dans le cadre des activités humaines (industrie, transports, chauffage…). Heureusement il peut, en partie, être absorbé par les océans ! 

Deux processus d’absorption du CO2 par les océans

Il existe deux processus par lesquels les océans absorbent le CO2 : l’un physique, l’autre biologique. 

Commençons par le processus physique, on parle alors de dissolution du CO2. Au niveau de la surface de l’eau, les gaz présents dans l’atmosphère se dissolvent dans les océans. Ce phénomène fonctionne d’autant plus lorsque les eaux sont froides. Puis, grâce aux courants, les eaux froides plongent vers le fond des océans et emportent avec elles les molécules de CO2 absorbées à la surface. Ces molécules se propagent alors dans les profondeurs de l’océan et n’influent plus sur le réchauffement climatique. 

OCÉAN ET CLIMAT, 2016 – Fiches d’information, Tome 2, L’océan, puits de carbone, p. 11-12 [accessible en ligne]. 

Le deuxième phénomène est biologique : il fait intervenir des organismes vivants. Il s’agit en l’occurrence du phytoplancton : des organismes végétaux microscopiques qui se trouvent à la surface de l’eau. Ce dernier absorbe le CO2 et produit en échange du dioxygène (O2), une molécule indispensable à la plupart des formes de vie actuelles . Ainsi, le CO2 est stocké dans ces organismes. Puis, lorsque le phytoplancton se décompose, tombant dans les fonds marins, il entraîne avec lui les molécules de CO2 qui n’interviennent alors plus dans le réchauffement climatique. 

OCÉAN ET CLIMAT, 2016 – Fiches d’information, Tome 2, L’océan, puits de carbone, p. 11-12 [accessible en ligne]. 

Ingénieux n’est-ce pas ? Malheureusement, les océans ne sont pas un puits de carbone infini…

Un puits de carbone néanmoins limité

Avec la hausse continue des émissions de CO2, les océans ne peuvent pas tout absorber. D’une part, comme nous l’avons vu précédemment, la dissolution du CO2 se fait plus facilement dans les eaux froides (processus physique). Cependant, avec le réchauffement climatique, les océans se réchauffent et absorbent donc beaucoup moins bien le CO2 présent dans l’atmosphère. Autrement dit, au lieu de se dissoudre au contact de l’eau, les molécules de CO2 stagnent dans l’atmosphère et participent au réchauffement climatique. 

D’autre part, plus les êtres humains émettent du CO2, plus la concentration de CO2 dans l’atmosphère est forte et donc plus les océans en absorbent. Or, en absorbant davantage de CO2, les océans s’acidifient : leur pH diminue. L’acidification a alors des conséquences sur la vie des organismes marins, tels que les phytoplanctons qui ne parviennent plus à structurer leur squelette calcaire. La disparition de ces organismes aurait pour conséquence la destruction de la biodiversité marine, mais également la réduction du processus biologique d’absorption du CO2 vu précédemment. En effet, s’il y a moins de phytoplancton, moins de CO2 sera absorbé par ces organismes : il restera alors stocké dans l’atmosphère, contribuant au réchauffement du climat.

Les océans sont-ils les seuls puits de carbone naturels ?

La réponse est non. Les arbres et les plantes sont également des puits de carbone : les forêts absorbent un quart du CO2 émis par l’activité humaine. C’est ce qu’on appelle la photosynthèse : les végétaux captent le CO2 et produisent de l’O2. Cependant, contrairement aux océans, les arbres peuvent rejeter dans l’atmosphère le CO2 absorbé, notamment à cause de la déforestation. 

Alors oui, la nature et sa biodiversité ont tout prévu : les océans, mais aussi les plantes et les arbres sont capables d’absorber une partie du carbone émis par l’Homme, régulant ainsi le climat. Cependant, cette absorption n’est pas illimitée et la hausse du CO2 présent dans les océans a des conséquences néfastes sur la vie marine. 

Limiter les émissions de CO2 n’est donc pas une option mais une obligation pour conserver la vie sur Terre comme en mer !

Pour aller plus loin..

Sur le rôle des océans dans la régulation du climat, vous pouvez consulter les pages suivantes : 

Rapport du GIEC : Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate — (ipcc.ch)

Rapport décrypté par le Réseau Action Climat : Le GIEC dévoile un rapport spécial sur les océans et la cryosphère | Réseau Action Climat (reseauactionclimat.org) 

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