Portrait d’Auriane Meilland, co-fondatrice de JAC

Oct 6, 2021

Elisa Alameda

Auriane est co-fondatrice et ancienne Secrétaire générale de JAC ; aujourd’hui, elle réalise une thèse sur l’articulation entre les stratégies de développement et les objectifs des pays sur le climat. Pour en savoir davantage sur son parcours, ses motivations, les causes de son engagement et sur comment fonder une association, il ne vous reste qu’à lire les lignes suivantes !

Quel est ton parcours et que faisais-tu au moment de fonder JAC ? 

Après le lycée, je suis rentrée en classe préparatoire BCPST, suite à laquelle, en 2015, j’ai pu intégrer l’Ecole Normale Supérieure de Paris (Ulm) en biologie. J’y ai fini ma licence et je me suis spécialisée en écologie, biodiversité, et évolution pour le master. Après quelques stages de recherche fondamentale, j’ai réalisé que l’angle scientifique seul n’était pas suffisant pour comprendre les blocages actuels sur les questions environnementales. J’ai alors décidé en 2017 de rejoindre en double-diplôme le cursus ingénieur d’AgroParisTech. Je me suis très vite passionnée pour les politiques publiques, la coopération internationale sur le climat, la biodiversité et le développement. 

A la fin de cette première année de double-diplôme, le REFEDD m’a proposé d’assister aux intersessions (SB48) entre la COP23 et la COP24 à Bonn. J’y ai rencontré les Jeunes Délégués (JD) et ex-JD de l’époque (Côme, Cécile, Pierre et Caroline), ainsi qu’Hélène qui était là pour ISF. Ensemble en 2018, on a décidé de créer JAC autour du programme JD, parce qu’on avait à cœur de sensibiliser les jeunes aux questions climatiques et de renforcer le fonctionnement du programme, tout en s’appuyant sur la relation privilégiée avec la délégation aux négociations climat.

D’où vient ton intérêt pour le changement climatique ? 

Mon intérêt pour les questions environnementales a d’abord commencé très jeune par la biodiversité, à grand renfort de documentaires animaliers. Plus tard au lycée, j’étais monitrice de voile dans une base nautique, et une activité classique quand il n’y avait pas assez (ou trop) de vent était de faire des ateliers pour présenter aux enfants/adultes l’écosystème dans lequel ils évoluaient sur l’eau – ça m’a passionnée !

Ensuite, ayant orienté mon cursus dans ce sens, j’ai eu pas mal de cours sur le fonctionnement des écosystèmes mais aussi sur les grands cycles biogéochimiques qui m’ont permis de comprendre et de m’intéresser au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité. La COP21, qui s’est déroulée à Paris juste au début de ma scolarité à l’ENS, m’a enfin convaincue de m’intéresser aux solutions à apporter à ces problèmes environnementaux.

En plus d’être Secrétaire générale que faisais-tu au sein de l’association ?  

Au début de l’association, on était peu donc la répartition des rôles était très différente : il n’y avait pas de « pôles », et au sein du bureau, on se répartissait régulièrement les tâches à 5 sans forcément les associer automatiquement à un poste. J’ai eu l’occasion de répondre à des appels à projets, rédiger un document pour présenter nos actions à la CCNUCC, participer à la communication de l’association, gérer l’organisation des interventions, effectuer des interventions, etc. Il était important pour nous de ne pas surcharger une seule personne ou un seul poste, donc tout le monde a pu un peu toucher à tout. 

Ensuite […] je me suis concentrée sur la création d’un pôle biodiversité pour effectuer des interventions de sensibilisation sur ce sujet qui me tenait à cœur, et organiser la participation de JAC au Congrès mondial de la Nature (UICN). Aujourd’hui, j’effectue encore des interventions climat ou biodiversité, mais j’ai laissé mes responsabilités dans l’asso à la relève ! 

Quelles ont été les différentes étapes pour créer l’association et les principales difficultés rencontrées ? 

La création de l’association a été assez rapide. On a eu un temps de réflexion pour définir dans nos statuts notre organisation et notre raison d’être. Ensuite, on a choisi un nom, on s’est fixé des objectifs pour la première année et après une déclaration en préfecture, on a pu commencer à chercher des financements et lancer les activités de l’association. On a bénéficié de l’expérience et du soutien de membres d’autres associations climat, de la maison des initiatives étudiantes (pour les locaux et le courrier), ainsi que de Bastien Girschig, à qui on doit notre premier site internet !

Quand l’association s’est agrandie, notre organisation qui fonctionnait super bien à six/sept s’est mise à être plus chaotique : organiser la répartition des interventions à six ou trente, c’est très différent ; on a dû tâtonner pour améliorer le système. L’organisation initiale a dû être revue et adaptée de manière à devenir inclusive pour les nouveaux membres afin qu’ils se sentent légitimes pour prendre des responsabilités dans l’association et pour faire des interventions. C’était très important pour nous parce que cette asso est notre bébé, et on voulait vraiment que le projet soit pérenne et ne disparaisse pas avec la fin de nos études. 

Qu’est ce que la fondation de JAC t’a appris ? 

J’avais déjà eu des responsabilités dans des associations, mais qui existaient déjà depuis longtemps et pour lesquelles le principal travail était d’assurer la continuité des activités. Là, tout était à construire : ce projet a été une belle opportunité pour apprendre à avoir confiance en ses initiatives et être force de proposition. J’ai donc pris beaucoup confiance en moi sur le plan opérationnel.

Quel serait l’un de tes meilleurs souvenirs avec l’association ? 

Ma première intervention seule en lycée, les réactions et le dynamisme des élèves m’ont donné la pêche pour plusieurs semaines ! Sinon, j’ai beaucoup aimé apprendre à connaître les membres de l’association en faisant des interventions en binômes (on en a même fait en festival, c’était très chouette), et l’ambiance pendant les week-ends de cohésion !

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite fonder une association ? 

Ne pas hésiter à se lancer !

À propos de JAC

Nous sommes des jeunes engagés à donner les clés à chacun pour devenir acteur, à son échelle, de la transition.

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