Portrait d’Hélène Le Brun, co-fondatrice de JAC

Oct 6, 2021

Léa Prunier

Hélène Le Brun est co-fondatrice des Jeunes Ambassadeurs pour le Climat (JAC), association créée en 2018 dans le but de sensibiliser les jeunes aux enjeux climatiques et au rôle des négociations internationales. Dans cet entretien pour L’Ambassadeur, Hélène nous présente son parcours, la raison d’être de JAC et les débuts de l’association, mais aussi son vécu vis-à-vis des COPs et sa vision de l’engagement.

Qui es-tu ? Peux-tu présenter ton parcours en quelques mots ? 

Pour ce qui est de mes études, j’ai intégré les Mines d’Alès (une école d’ingénieur), où j’ai étudié la gestion de l’environnement et de l’énergie. Mais l’ingénierie ne me convenait pas, et j’avais envie de me tourner vers des problématiques plus “politiques ». Après l’obtention de mon diplôme d’ingénieur, j’ai intégré un master en sciences politiques de l’environnement à Sciences Po Paris. Aujourd’hui, je travaille en tant qu’adjointe à l’attachée scientifique sur les questions d’environnement et de santé à l’Ambassade de France au Japon. En parallèle, j’enseigne le changement climatique et les négociations climat aux Mines d’Alès. 

De manière plus générale, j’ai aussi été très investie dans plusieurs associations pendant mes études : c’est d’ailleurs ce qui m’a amenée à cofonder JAC, puis à en devenir la présidente pendant deux ans !

D’où est venue l’idée de l’association JAC ? Dans quel but ?

En discutant avec d’autres jeunes engagés pour le climat, on s’est vite rendus compte que les missions attribuées aux Jeunes Délégués pour le climat —à la fois participer aux COPs, mais aussi sensibiliser en France sur ces négociations et sur le climat— constituaient une charge de travail beaucoup trop importante pour seulement deux personnes, d’autant plus avec des études ou un job à côté. On a donc décidé de créer une association pour soutenir le travail des jeunes délégués climat. Le but initial de JAC était donc avant tout d’être plus nombreux à pouvoir sensibiliser sur les enjeux climatiques et sur le rôle des négociations internationales. 

Comment se sont passés la création et les débuts de l’association ? 

Au début nous n’étions que cinq : Côme, Cécile, Pierre, Auriane, et moi. On a créé l’association et le cadre légal ensemble, en 2018. Cela nous a notamment permis d’acquérir plus de légitimité pour intervenir dans les établissements scolaires : nous avions une structure établie, un lien avec les ministères, etc. Le projet a très vite pris de l’ampleur par le bouche-à-oreille, et nous nous sommes retrouvés complètement submergés par les demandes en seulement quelques mois. C’était le signe qu’on visait juste ! On s’est alors retrouvés face à deux constats : d’une part, les questions de sensibilisation environnementale étaient quasi absentes des programmes scolaires; et, d’autre part, il y avait une vraie demande de la part des élèves et des professeurs. L’association s’est donc vite agrandie. Elle a bien évolué depuis sa création, et elle continue encore d’évoluer. Une association, ça doit être vivant : si ça fonctionne tant mieux, et si ça ne marche pas, on teste de nouveaux modes de fonctionnement, de nouvelles structures !

Quels rôles avais-tu chez JAC ? 

Pendant les deux premières années de l’association j’y étais présidente, avec les tâches administratives que cela implique. Je faisais également des interventions dans les établissements, et on touchait tous un peu à tout. Maintenant que l’association a bien grandi, les rôles sont plus définis, et un nouveau bureau a pris la relève. 

Tu as participé aux COPs à plusieurs reprises : comment l’as-tu vécu et qu’en as-tu tiré ?  

La première fois que j’y ai participé, c’était avec l’association Ingénieurs Sans Frontières France pour la COP23, lorsque j’étais encore aux Mines d’Alès. J’y ai vécu deux semaines super stimulantes, très intenses, où j’ai pu rencontrer plein de personnes du monde entier qui partageaient des convictions similaires (notamment au sein de YOUNGO, le regroupement des ONGs de jeunes aux COPs). C’était une grande découverte pour moi. Une ouverture sur de nouvelles possibilités d’engagement que je n’avais pas envisagées auparavant. C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai découvert mon intérêt pour les négociations climat, et c’est suite à cette COP que j’ai décidé de me réorienter vers un master à Sciences Po. 

Fin 2018, j’ai eu la chance d’y retourner avec JAC pour participer à la COP24. La plus-value de JAC vient aussi de là : en assistant à ces négociations internationales nous pouvons ensuite transmettre cette expérience aux autres. On entend souvent que “c’est du théâtre, du blabla, etc.” et oui, effectivement, c’est lent. C’est frustrant au début mais on comprend vite qu’il est normal de passer 3h sur une virgule dans un texte au vu des tenants et des aboutissants. En créant JAC, nous voulions ainsi montrer le caractère essentiel de ces négociations et expliquer comment elles s’articulent avec les politiques publiques, aux niveaux national, puis régional et local.  

Qu’as-tu envie de dire à quelqu’un conscient des enjeux environnementaux mais qui ne sait pas comment s’engager ? Que représente pour toi l’engagement ?  

Je pense qu’il y autant de formes d’engagement que de personnes. Le but n’est pas de créer une génération entière de militants écolos qui s’y consacrent à temps plein, mais d’avoir une génération de personnes qui soient conscientes des enjeux. Chacun est ensuite libre de les prendre en compte dans son quotidien, dans ses choix politiques, mais aussi — on oublie souvent cet aspect là — dans son cadre professionnel. Souvent, que ce soit en école d’ingénieur ou dans d’autres filières, il y a deux possibilités : soit on suit une formation spécifique sur l’environnement, soit on n’en entend pas du tout parler. C’est là qu’il y a un problème. Le but n’est pas d’avoir 100% d’ingénieurs en environnement, mais de faire en sorte que 100% des futurs actifs puisse prendre en considération les questions environnementales dans la pratique de leurs métiers respectifs. Pour moi, l’engagement ne se résume donc pas uniquement au militantisme : ça passe avant tout par une prise de conscience des enjeux environnementaux. Et ça, ça demande de la sensibilisation, en particulier des jeunes et des étudiants … d’où la raison d’être de JAC !

À propos de JAC

Nous sommes des jeunes engagés à donner les clés à chacun pour devenir acteur, à son échelle, de la transition.

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