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Les enjeux du Salon International de l’Agriculture
Du 24 février au 03 mars se tient le Salon International de l'Agriculture à Paris Expo Porte de Versailles. On vous explique tout ici !

Le Salon de l'Agriculture en quelques lignes

Évènement incontournable français, le Salon international de l’Agriculture est un rendez-vous annuel avec les acteurs du monde agricole et agroalimentaire depuis 1964. Il rassemble éleveur.euses, producteur.rices, régions, syndicats, ministères et organismes publics pour y présenter les métiers, perspectives et évolutions du secteur.

Le salon se répartit en 4 univers :

  • L’élevage et ses filières
  • Les produits des régions de France, d’Outre-mer et du monde
  • Les cultures et filières végétales, jardin et potager
  • Les services et métiers de l’Agriculture.

Ses enjeux

Face au début d’année 2024 fortement marqué par les manifestations des agriculteur.rices, le Salon de l’Agriculture est très attendu. Les raisons des manifestations des agriculteurs :

  • Rémunération trop faible à cause de la grande distribution
  • Fin de l’exonération des taxes sur le gazole non routier
  • Complexités administratives et légales d’accès aux aides de la PAC (Politique Agricole Commune)
  • Déconsidération des métiers agricoles
  • Accès à l’eau limité
  • Interdiction des produits phytosanitaires sans alternative

Le gouvernement a donc annoncé le 21 février plusieurs mesures visant à apporter des solutions face à la crise agricole, anticipant les éventuels blocages pendant le Salon.

Le futur projet de loi agricole

Le 21 février Gabriel Attal a pris la parole pour expliciter les différentes mesures et objectifs de cette loi visant à apaiser les tensions avec les agriculteurs en vue du Salon de l’Agriculture.

6 grands axes ont été dégagés répondant aux enjeux présentés plus haut. 

1. Souveraineté agricole :

a. Mise en place d’indicateurs pour poser les fondements de la souveraineté alimentaire -> discuté lors du SDA.

b. Un plan spécifique pour la souveraineté de l’élevage -> présenté lors du SDA

c. Un plan spécifique pour chaque état d’outre-mer -> établit

2. Reconnaître le métier d’agriculteur.rice :

a. Proposition de loi sur les troubles de voisinage : protéger les agriculteur.rices contre les recours abusifs -> examiné au Sénat le 12 mars prochain et visé d’une adoption définitive mi-avril

b. Les retraites agricoles : améliorer la loi CHASSAIGNE -> en cours de travail

c. Conférence des solutions, associant Etat et collectivités locales, compétentes sur les cantines scolaires : tenir les objectifs de la loi EGALIM, c’est-à-dire 50% de produits durables et de qualité et 20% de bio dans les cantines -> avril

3. Plus de revenus à nos agriculteur.rices :

a. Punir les fraudeurs de la loi EGALIM : les contrôles se multiplient

b. Renforcer la loi EGALIM -> proposition d’ici l’été 2024

i. Construction du prix en amont

ii. Centraliser dans la construction des prix les indicateurs de couts de production

iii. Les centrales d’achat européennes : volonté de mise en place d’un EGALIM à l’échelle européenne par l’état français

c. Versements arrivent aux éleveur.euses dont les troupeaux ont été touchés par la MHE

d. Suppression de la hausse du GNR

e. Exonération de cotisations patronales la quasi-totalité des emplois saisonniers agricoles -> dès cette année

f. Alléger les impôts et les charges sociales des éleveur.euses -> dès cette année

4. La protection de nos agriculteur.rices face à la concurrence

a. Interdire toute importation de produits agricoles contenant des composés interdits chez nous

5. Simplifier les procédures et les normes -> en cours et plutôt à l’échelle régionale

a. Éviter la multiplication des contrôles

b. Une indemnisation plus facile de certains dégâts

c. Veiller à ce que l’urbanisation ou le développement de certains territoires n’empiètent pas sur le foncier agricole

d. Abandon de la hausse de TICPE sur le GNR agricole -> acté

e. Éviter les surtranspositions de loi

f. Plan Ecophyto retravaillé -> publié lors du SDA

i. Indicateur de référence pour suivre l’objectif de réduction ne sera plus le NODU franco-français mais l’indicateur européen

ii. Sur le zonage : création d’un portail

iii. Pas de registre numérique centralisé obligatoire

iv. Pas renoncer à notre ambition de réduire de 50% l’usage des pesticides d’ici 2030.

v. Trouver des alternatives aux phytosanitaires et accompagner les agriculteur.rices : 250 millions d’euros mobilisés

6. Assurer le renouvellement des générations -> prochain textes financiers

a. Permettre le cumul des exonérations sociales au moment de l’installation

b. Relever les exonérations d’un certain nombre de taxes pour la transmission des exploitations

c. Agir sur le foncier

d. Une mission lancée d’ici au prochain budget pour travailler sur un dispositif de crédit d’impôt

Ces annonces n’ont pas réussi à rassurer le monde agricole. De nouvelles manifestations sont prévues lors du Salon de l’Agriculture.

La souveraineté alimentaire

Le concept est popularisé en 1996 lors du Sommet mondial de l’alimentation par Via Campesina, l’organisation agricole internationale altermondialiste. Essentiellement développé en Afrique de l’ouest via des actions collectives transnationales, il repose sur une agriculture paysanne de proximité à destination des marchés nationaux et régionaux. Il vise la sécurité alimentaire par la  protection du secteur agricole national et une moindre dépendance aux importations.

“Il m’importe de savoir qui nourrit le continent africain, qui ne pourra pas, pour une partie d’entre lui, se nourrir tout seul. Et donc je préfère que ce soit nous que d’autres puissances...”

Le concept de souveraineté alimentaire dévoyé

Le gouvernement français reprend la notion pour la vider de sa substance et lui donner un sens opposé. Au-delà de la sécurité alimentaire, il s’agirait d’orienter la production nationale vers l’exportation afin de peser sur les marchés internationaux pour renforcer la puissance économique. Or, la souveraineté alimentaire est pensée comme une réduction des échanges internationaux en faveur des productions locales à destination du marché national, non comme une arme d’exportation et de libre-échange. Le langage est subverti au détriment des paysans et citoyens.

L'UE mise au défi par l'industrie du bio

L’UE est appelée par l’industrie du bio à intensifier les achats publics, à compenser les « coûts cachés » des produits conventionnels, et à réguler le marché pour atteindre les objectifs de production biologique (y consacrer 25% des terres agricoles d’ici à 2030).

Les coûts cachés sont les dépenses engendrées par les impacts sur la santé humaine et sur l’environnement de notre alimentation, de la production à la consommation. L’étude publiée par Nature Food le 15 mai 2023 affirme qu’à chaque 1$ dépensé dans le monde en 2018 se sont ajoutés 2$ de coûts cachés, ce qui en somme fait 14 000 milliards de dollars de répercussions sur nos sociétés. 

Bien que la superficie agricole biologique ait augmenté, la demande reste un défi. Des mesures comme la loi sur la durabilité alimentaire et une comptabilité analytique pourraient rééquilibrer le marché.

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